Un bébé qui arrive, un employeur à prévenir, des formulaires à remplir… et soudain, la question qui s’impose : combien de jours ai-je réellement le droit de prendre, et comment les obtenir sans perdre un centime de salaire ? En 2026, le congé de naissance reste un droit essentiel pour les pères et les co-parents, mais il est encore trop souvent mal connu, mal demandé ou partiellement utilisé. Ce guide pratique vous explique tout, de la durée légale aux démarches concrètes, en passant par les impacts sur votre rémunération.
Congé de naissance 2026 : de quoi parle-t-on exactement ?
Il est important de ne pas confondre le congé de naissance et le congé de paternité et d’accueil de l’enfant. Ce sont deux dispositifs distincts, cumulables, qui ensemble forment le socle du droit à l’absence du père ou du co-parent au moment de la naissance.
Le congé de naissance : 3 jours automatiques
Le congé de naissance est un droit ouvert à tout salarié dont le foyer accueille un nouveau-né. En 2026, sa durée est fixée à 3 jours ouvrables minimum, conformément à l’article L3142-1 du Code du travail. Ces jours sont à prendre au moment de la naissance, et votre employeur ne peut pas les refuser. Ils sont entièrement rémunérés par l’employeur, sans condition d’ancienneté.
Attention : certaines conventions collectives sont plus généreuses. Un salarié dans le bâtiment, la banque ou la fonction publique peut bénéficier de 4, 5, voire 7 jours. Pensez à consulter votre convention collective avant de faire votre demande.
Le congé de paternité : jusqu’à 28 jours
Au-delà des 3 jours, il existe le congé de paternité et d’accueil de l’enfant, d’une durée totale de 28 jours calendaires (ou 35 jours en cas de naissance multiple). Ce congé est pris en charge par la Sécurité sociale sous forme d’indemnités journalières, et non par l’employeur directement. Il se compose d’une période obligatoire de 4 jours (accolée aux 3 jours de congé de naissance) et d’une période de 21 jours à prendre librement dans les 6 mois suivant la naissance.
Dans cet article, nous nous concentrons principalement sur le congé de naissance et ses modalités pratiques, en lien avec le congé de paternité pour vous donner une vision globale.
Durée congé naissance père en France : ce que dit la loi en 2026
En 2026, la durée légale du congé de naissance pour le père (ou le co-parent) est donc de 3 jours ouvrables minimum. Ces jours s’entendent comme des jours normalement travaillés, ce qui exclut les samedis (sauf si vous travaillez le samedi), les dimanches et les jours fériés.
Voici un récapitulatif des durées selon les situations :
- Naissance simple (secteur privé, droit commun) : 3 jours ouvrables de congé de naissance + 28 jours calendaires de congé de paternité
- Naissance multiple : 3 jours ouvrables de congé de naissance + 35 jours calendaires de congé de paternité
- Fonction publique d’État : 3 jours de congé de naissance + 28 jours de congé de paternité (les mêmes règles s’appliquent depuis la réforme de 2021)
- Convention collective avantageuse : durée supérieure possible selon l’accord de branche ou d’entreprise
En cumulant congé de naissance et congé de paternité (en prenant la période obligatoire de 4 jours immédiatement), un père peut donc être absent jusqu’à 31 jours consécutifs dès la naissance de son enfant.
Congé naissance 2026 : comment faire la demande concrètement ?
La question que se posent de nombreux futurs pères : comment demander son congé de naissance en 2026 sans se retrouver bloqué par une procédure administrative compliquée ? Bonne nouvelle : c’est l’un des congés les plus simples à activer.
Étape 1 : Prévenir l’employeur
Pour le congé de naissance (les 3 jours), aucun délai de prévenance n’est imposé par la loi. Vous pouvez prévenir votre employeur le jour même de la naissance, voire le lendemain. Dans la pratique, il est conseillé d’anticiper en informant votre responsable quelques semaines avant le terme pour faciliter l’organisation.
Un email ou un message écrit suffit dans la plupart des cas, en précisant la date de naissance et les jours que vous souhaitez prendre. Certaines entreprises disposent d’un formulaire dédié dans leur système RH.
Étape 2 : Pour le congé de paternité, déclarer à la CPAM
Pour bénéficier des indemnités journalières du congé de paternité, vous devez en informer votre employeur au moins un mois avant la date de début souhaitée (sauf urgence liée à la naissance). Vous devrez ensuite transmettre une copie de l’acte de naissance ou du livret de famille à votre CPAM pour déclencher le versement des indemnités.
Voici les documents généralement nécessaires :
- Copie de l’acte de naissance de l’enfant (ou extrait du livret de famille)
- Attestation de salaire établie par l’employeur (formulaire S3201)
- Formulaire de demande d’indemnités journalières (disponible sur Ameli.fr)
Étape 3 : Vérifier votre convention collective
Avant de finaliser votre demande, consultez votre convention collective ou votre accord d’entreprise. De nombreuses branches professionnelles prévoient des congés supplémentaires naissance avec des modalités pratiques spécifiques : jours supplémentaires, maintien intégral du salaire, délais de demande particuliers. Ces informations figurent dans votre contrat de travail ou sont disponibles auprès de votre service RH.
Congé naissance : quel impact sur votre salaire ?
C’est souvent la préoccupation numéro un : le congé de naissance a-t-il un impact sur le salaire et le remplacement du revenu ?
Les 3 jours de congé de naissance : payés par l’employeur
Les 3 jours légaux de congé de naissance sont intégralement pris en charge par l’employeur, au même titre que des jours travaillés. Ils n’entraînent aucune perte de salaire et n’ont aucun impact sur vos congés payés annuels. C’est un droit brut, sans condition de ressources ni d’ancienneté.
Le congé de paternité : des indemnités journalières de la Sécu
Pour les 28 jours de congé de paternité, la prise en charge est différente. La Sécurité sociale verse des indemnités journalières calculées sur la base de votre salaire brut des 3 derniers mois (ou des 12 derniers mois pour les revenus variables), dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. En 2026, ce plafond correspond à environ 100,36 € par jour d’indemnité maximale.
Concrètement, si votre salaire net mensuel est inférieur à environ 3 000 €, vous serez indemnisé à hauteur de votre salaire habituel. Au-delà, vous pouvez subir une légère perte. Certains employeurs complètent volontairement ces indemnités pour maintenir le salaire à 100 % — renseignez-vous auprès de votre service RH ou vérifiez votre convention collective.
Cas particuliers : indépendants et travailleurs non-salariés
Les travailleurs indépendants, auto-entrepreneurs et professions libérales peuvent également bénéficier d’indemnités journalières pour le congé de paternité, à condition d’être affiliés à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) et de remplir les conditions d’ouverture des droits. Le montant et les conditions varient selon le régime : renseignez-vous directement auprès de votre caisse.
Co-parents non biologiques : quels droits en 2026 ?
Le congé de naissance et le congé de paternité ne sont pas réservés au seul père biologique. En 2026, ils sont ouverts à toute personne vivant en couple avec la mère, qu’il s’agisse du conjoint marié, du partenaire pacsé ou du concubin. Le co-parent non biologique bénéficie des mêmes droits que le père, sous réserve de justifier du lien avec l’enfant (acte de naissance, reconnaissance anticipée, déclaration sur l’honneur selon les cas).
Les familles homoparentales sont également concernées : la co-mère ou le co-parent ayant reconnu l’enfant peut prétendre à ces congés dans les mêmes conditions.
FAQ – Congé de naissance 2026 : vos questions fréquentes
Le congé de naissance est-il obligatoire ou facultatif pour l’employeur ?
Il est obligatoire. L’employeur ne peut en aucun cas refuser les 3 jours légaux de congé de naissance à un salarié dont le foyer accueille un enfant. Tout refus constitue une violation du Code du travail.
Peut-on prendre le congé de naissance après la naissance ?
Oui, mais dans un délai raisonnable. La loi prévoit que ces jours doivent être pris à l’occasion de la naissance. En pratique, ils doivent être pris dans les jours qui entourent la naissance. Le congé de paternité, lui, peut être pris jusqu’à 6 mois après la naissance.
Que se passe-t-il si la naissance survient pendant mes congés payés ?
Bonne question ! Si la naissance a lieu alors que vous êtes déjà en congés payés, les 3 jours de congé de naissance viennent s’ajouter à vos congés et ne sont pas déduits de votre solde de congés payés. Ce sont deux droits distincts qui ne se neutralisent pas.
Le co-parent sans lien biologique avec l’enfant peut-il prendre le congé de naissance ?
Oui. Dès lors qu’il vit en couple avec la mère (mariage, PACS ou concubinage), le co-parent bénéficie des mêmes droits au congé de naissance et au congé de paternité. Il doit simplement être en mesure de justifier de ce lien auprès de son employeur et de la CPAM.
Les congés supplémentaires naissance prévus par ma convention collective sont-ils cumulables avec les 3 jours légaux ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Les jours supplémentaires accordés par une convention collective s’ajoutent aux 3 jours légaux et ne les remplacent pas. Vérifiez toutefois la rédaction exacte de votre convention, car certaines clauses peuvent prévoir un minimum conventionnel incluant les jours légaux.


